The Last Of Us II la critique (sans spoiler)

The Last Of Us II  la critique (sans spoiler)

INTRODUCTION:

Pour ceux qui me connaissent vous savez que je suis une très grande fan de  jeu vidéo de Zombie/Survivor comme Resident Evil ou The Last Of Us. Si cela vous intéresse j’ai écrit un article qui s’intitule “Jeux d’horreur la nouvelle tendance ou peut-on jouer à se faire peur?” donc n’hésitez pas à le lire. (Si vous êtes intéressé(e)s par cette question voici le lien de l’article => https://ingameavecjesus.online/2018/10/31/jeux-dhorreur-la-nouvelle-tendance-ou-peut-on-jouer-a-se-faire-peur/  )

Si vous êtes un joueur de jeux vidéo et plus précisément de ce genre de jeu vous savez que The Last Of Us II est sortie le 19 juin 2020 et qu’il était très très attendu par les fans. Etant moi même très occupé et n’ayant pas de PS4 à ma disposition, je n’ai pas pu prendre part à cette nouvelle aventure avec The Last Of Us II.  Cependant sur les réseaux sociaux je vous ai demandé de me faire un retour de votre expérience.  Entre les médias qui encensent le jeu et les fans qui ont une opinion très mitigés j’ai voulu avoir des avis venant de plusieurs joueurs objectifs afin que ceux qui sont tentés par ce nouvel opus puissent y voir plus clair.  Vous avez été nombreux à répondre à mon appel et je vous  en remercie. Aujourd’hui je reviens vers vous pour vous partager la critique de monsieur Wilfried Anzala qui est écrivain mais qui est également  un très grand joueur. Pour ma part c’est la critique la plus complète et poussé que j’ai pu recevoir.

 

LA CRITIQUE:

 

Avant de parler de The Last Of Us Part II, je pense qu’il est important de se rappeler brièvement ce qui a pu nous marquer dans la première partie, sortie il y a maintenant 7 ans sur Playstation 3.

Comme beaucoup l’ont compris, ce qui fit le succès de The Last Of Us ne fut pas sa direction artistique soignée, ou son jeu d’acteur aux petits oignons (aussi bien en version originale qu’en français), pas plus que ce ne fut la profondeur de son histoire. Non, ce fut en réalité un mélange de tout cela, et de bien plus encore. En effet, bien que ce jeu n’ait jamais brillé par la complexité ou l’innovation de son gameplay (les joueurs de Uncharted le savent bien), le jeu arrive à captiver le joueur par la justesse de ses personnages et de son intrigue.

Nous suivons Joel et Ellie dans on monde en ruine, où la seule chose plus dangereuse que les infectés, sont les autres survivants. Et on se laisse emporter par ce jeu qui est pourtant ce qu’on qualifie habituellement de « jeu couloir ».

The Last Of Us Part II c’est aussi ça. Le jeu reprend la formule du premier, alternant cinématique dynamique fusillade et infiltration. Le gameplay semble ne pas avoir bougé d’un iota, mais reste toujours aussi efficace. Naturellement, le jeu gagne en fluidité et ses graphismes sont par moment époustouflants.

Pourtant, The Last Of Us Part II n’est pas une simple réplique améliorée de la partie une. Il gagne notamment en arrivant sur PS4 la possibilité d’offrir de grands espaces et de vastes étendues à explorer (on pensera notamment au centre-ville de Seattle) ainsi que de nombreux plans époustouflants. Ce qui impressionne notamment dans ce jeu, c’est son level design. En effet, bien que la végétation soit très présente, et que l’on doive évoluer parfois entre hautes herbes et arbres touffus, on n’est jamais perdu. Que ce soit en ville lorsque l’on doit repérer une petite ouverture discrète où se faufiler ou en forêt où nous devons trouver le chemin nous menant à l’extérieur. Tout est millimétré et intuitif sans pour autant qu’on ait l’impression d’avoir été pris par la main. Tout s’incruste parfaitement dans le décor (on est bien loin des rebords de fenêtre blancs ou des traces de boue plus claire contre les parois que l’on doit escalader). Tout se passe en toute discrétion et en toute subtilité. Le jeu brille d’ailleurs par sa maîtrise de son environnement, car lorsque l’on est en phase d’exploration il faut parfois faire preuve d’ingéniosité pour comprendre comment accéder à une pièce. Bien que certaines énigmes soient facilement résolubles, on est tout de même rarement déçu par leur résolution (pour exemple, à un moment, pour accéder à une pièce, il faut passer à travers une vitre brisée, puis casser à l’aide d’un projectile une petite vitre liée à une barre en métal à laquelle il faut ensuite accrocher un câble afin de monter et de se balancer jusqu’à la pièce jusqu’alors inaccessible).

Pour ce qui est de l’histoire, lorsque l’on commence le jeu on a un peu de mal à comprendre vraiment où on va, ce qu’on va faire, quel est l’objectif, et nous suivons nos personnages dans ce qui semble être une routine tranquille : faire le tour de la ville et tuer les infectés qui s’en approche un peu trop. On nous raconte une altercation entre Joel et Ellie lors d’une soirée… Mais ça ne fait que faire écho aux teaser déjà sorti lors des conférences Sony, rien de nouveau.

Pourtant, une chose semble ne pas aller. Tout va trop bien. Lorsque l’on a fait l’onéreuse acquisition de la version collector, on sait que le jeu parlera de vengeance, car les développeurs ont laissé un avertissement à ce sujet : jusqu’où est-on capable d’aller pour venger ceux que l’on aime.

Et l’évènement tragique fini par arriver, et la vengeance de Ellie doit s’abattre. C’est à partir de ce moment-là que l’on commence à comprendre à quel type de jeu nous avons réellement à faire. Car bien que le gameplay et certains personnages reviennent, The Last Of Us Part II n’a rien à voir avec The Last Of Us. L’ambiance est radicalement différente, plus sombre, plus lourde, comme oppressante. Et c’est parfaitement normal normal, car il ne s’agit pas là d’un second opus, mais de la suite de l’histoire. Du récit des conséquences des terribles actions perpétrées dans la première partie du récit, plusieurs années auparavant.

The Last Of Us Part II n’est pas un jeu particulièrement agréable à jouer, car son histoire, centrale, n’est pas une histoire agréable. Contrairement à ce que beaucoup semble penser, c’est exactement l’opposé dans la première partie, car nous suivons des personnages qui apprennent à se connaître, qui se font des boutades, qui cherchent leurs limites, bref, qui bâtissent une relation semblable à celle qu’un père et sa fille ont. Oui, il y a beaucoup de moment tragique dans la première partie, et s’ils le sont autant, c’est parce que l’histoire est lumineuse. C’est une histoire d’espoir… Du rêve d’une petite fille qui veut sauver l’humanité, et d’un père qui retrouve en quelque sorte les joies de la paternité, et le bonheur d’avoir enfin à nouveau quelqu’un de vraiment important à ses yeux.

Mais ce n’est pas le cas de la partie deux, car la fin du premier jeu nous plonge dans une ambiance toute autre, mettant fin aux rêves et à l’aventure. Et la partie deux ne fait au final que continuer sur cette ligne directrice tracée à l’avance par The Last Of Us.

The Last Of Us Part II n’est donc pas agréable, car il est dur. Alors que la partie une montrait des instants de monstruosité dans une aventure plutôt lumineuse (autant qu’un survival horror peut l’être en tout cas), The Last Of Us Part II quant à lui a fait le choix inverse. Le monde est ultra-violent, constamment, injuste et dénué de sens… contrastant avec les petites oasis de bonheur que forment les premiers flashbacks qui s’assombrissent petit à petit. Dans The Last Of Us Part II tout semble aller vers le pire, une fin heureuse semble impossible, faisant ainsi écho à l’idée même que la vengeance ne peut apporter ni le bonheur, ni la paix.

Pourtant, bien que ce jeu ne soit pas un jeu agréable (aucun bon j’eu d’horreur ne l’est en réalité, ou en tout cas, pas au sens classique du terme), il apparait comme une évidence. Il ne pouvait ressembler à autre chose, il ne pouvait être autrement ; pire, il devait être ainsi. Et on se prend à ressentir du plaisir dans les infimes moments de complicités distillés au fil du récit, et on se laisse porter par l’impression tenace que le pire reste à venir. On avance en serrant les dents, comme pour voir jusqu’où nos faibles jambes seront encore capables de nous porter. Et cela se ressent jusque dans le récit où, alors que l’innommable est commis, notre personnage craque, elle est allé trop loin, nous sommes allés trop loin. Pourtant… Il faut continuer.

Mais c’est cette implication dans l’histoire qui fait, et a toujours fait la force de The Last Of Us Part I et II. Car on prend du plaisir à jouer, à s’infiltrer pour éliminer discrètement nos adversaires, ou à foncer dans le tas armé d’un fusil à pompe. On aime toujours explorer les maisons à la recherche autant de munitions et d’outil de craft, que de petites feuilles sur lesquels on peut suivre l’histoire des personnes qui habitaient là avant… Tout est là, comme lors de la première partie.

C’est une chose qu’il serait d’ailleurs possible de reprocher à cette partie deux. Sept ans après, le jeu ne semble pas avoir réellement évolué (à part peut-être dans la diversité des armes corps-à-corps proposée et l’arrivée des canidés et aux ennemis), mais c’est oublié que ce jeu n’utilise son gameplay simple, mais efficace, que pour soutenir l’action et la force de son histoire, pas l’inverse.

 

Aussi, The Last Of Us Part II n’est peut-être pas un aussi grand jeu qu’a pu l’être The Last Of Us Part I. Mais il n’est reste pas moins un très bon jeu sur lequel on a envie de retourner, dont l’histoire semble toujours autant dirigée d’une main de maître et dont l’expérience, bien que par moment traumatisante, reste marquante et même très satisfaisante pour les amateurs du genre. The Last Of Us Part II est donc malgré tout, un grand jeu.

Merci à monsieur Wilfried Anzala pour la rédaction de cette critique .

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